A la lecture de ces méta-analyses sur l’efficacité de la
formation à distance, je me rends compte que la plupart de ces études sont des
études comparatives (entre un dispositif utilisant une technologie et une autre
n’utilisant pas la technologie, ou entre un dispositif et un autre). La plupart de ces recherches ont été mené par les professeurs eux-mêmes, ceux qui
ont créé le dispositif à distance (souvent des professeurs ayant déjà une bonne
compréhension de la formation à distance, ou étant des personnalités technophiles,
donc très volontaire sur la FAD). De mon point de vue, il existe un possible
biais de subjectivité du chercheur : le chercheur cherchant à prouver que
son dispositif est mieux que ce qui se fait ailleurs (même si l’objectif de ces
études n’était pas celui-ci, ce biais existera toujours dans l’esprit du
lecteur).
D’un autre côté, toutes les études ont été faites sur des
publics non standardisés (est-il d’ailleurs possible de standardiser les
groupes d’apprenant?). Cela me parait compliqué ensuite de comparer les
effets de la FAD : les profils des étudiants à distance sont
différents de ceux des formations en présence (contraintes et motivations
différentes). De plus, on compare des dispositifs qui peuvent être identiques
dans la philosophie ou l’effet que le chercheur souhaite étudier, mais les
outils sont probablement très différents (ergonomie des plateformes, des
logiciels utilisés…), donc difficile aussi sur ce plan de comparer.
De mon point de vue, la FAD permet une très forte individualisation
de la formation : chaque dispositif de formation s’adaptant aux
contraintes et aux volontés de l’apprenant à distance…il existe donc des
stratégies individuelles de chacun des apprenants. Cette forte
individualisation du dispositif apporte des effets bien particuliers à chaque
apprenant, ce qui rend l’analyse de ses effets très complexes…On trouvera
probablement autant d’effet que de dispositif…peut être faudrait il se pencher
plus sur le point de vue de l’apprenant : a-t-il été satisfait ? A-t-il
trouvé ce qu’il était venu chercher ? Reviendra-t-il sur une formation à
distance ? Quel a été son expérience ? Son expérience a-t-elle été positive ?
Que voulons-nous évaluer ? L’effet d’une technologie par rapport à une
autre ? Ou l’apprentissage réel au niveau de l’apprenant ? Et cette
réponse, seule l’apprenant pourra nous la donner.
Bonjour Yann, au-delà du biais du chercheur, tu mentionnes à juste titre que l'on compare deux dispositifs qui se comparent plus ou moins. À cet égard, c'est à ce niveau que l'on doit davantage être critique. Par contre, tout dépend de notre posture. Je suis certain que des chercheurs qui s'intéressent à ce type de résultats ou administrateurs sont intéressés par des indicateurs basés sur la réussite.
RépondreSupprimerBonjour Yann,
RépondreSupprimerJ’ai bien aimé ce billet. Je partage le besoin de remettre l’apprenant au cœur des préoccupations, tel que tu l’avances à la fin. Ceci dit, comme l’avance Alain, et bien que cela me dérange un peu, je reconnais le besoin de mesurer l’efficacité des choses. Je crois cependant que ce que ces méta-analyses oublient, c’est de contextualiser. Comme tu le soulignes, la généralisation n’est pas vraiment possible, notamment à cause de l’hétérogénéité des publics. Ceci dit, les grandes conclusion de ces deux méta-analyses ne sont pas complètement à rejeter; elles apportent tout de même une certaine lumière sur le phénomène de la FAD. Bernard et al. (2009) nous parlent de l’importance des relations étudiants-étudiants, étudiants-professeurs et étudiants-contenu, tout en renforçant l’engagement cognitif. Quant à Means et al. (2010), ils nous présentes l’environnement hybride comme étant une solution d’efficacité, mêlant le synchrone et l’asynchrone.
Si nous nous arrêtons un moment sur ces grandes conclusions, peu importe le contexte, il est intéressant de noter que l’une présente l’étudiant comme au cœur des préoccupations tandis que l’autre s’attarde à l’environnement pour mieux réussir. En les juxtaposant, nous obtenons que l’étudiant, au cœur des interactions, doit trouver son compte dans un environnement hybride qui lui permet plus de latitude que environnement purement synchrone ou purement asynchrone. Ce qui vient renforcir l’idée des différents styles d’apprentissages de Chevrier et al. (2000) et ainsi positionner l’apprenant au centre du processus.