mercredi 22 mars 2017

Stratégies d'évaluation

Au vu des différentes approches de la formation à distance et présentiel, je m’oriente vers une pratique de l’évaluation beaucoup plus formel que ce que je faisais antérieurement. En France, la culture de l’évaluation est centrée sur une évaluation sommative et normative (la note) en fin de cours par un examen sur table ou final de pratique.

L’intégration des contraintes de la formation à distance ou hybride (autant pour le professeur que pour l’étudiant) me permet d’entrevoir d’autres stratégies d’évaluation : entre le formatif et le contrôle continue tout au long de la session. Puis, l’intégration en même temps de la culture québécoise, plus anglo-saxonne de côté-là, sur l’évaluation (pourcentage, évaluation de plusieurs dimensions du cours, utilisation de lettre, évaluation par plusieurs modalités) m’a permis d’envisager et de construire d’autres stratégies évaluative : échelle descriptive par exemple, mais aussi mettre en cohérence beaucoup plus les modalités d’évaluation aux objectifs pédagogiques.

Dans les futures évaluations que je construirais, je m’efforcerais de scénariser mes évaluations (alternant entre le formatif et le normatif), pour que l’évaluation puisse suivre mes objectifs pédagogiques (et ma scénarisation des activités). Etant enseignant sur des pédagogies par projet (cours de gestion de projet, méthodes de recherche, essais de fin de cursus), je pourrais assez facilement intégrer des évaluations pondérées tout au long de mes cours, correspondant à chaque activité demandée aux étudiants : évaluation individuelle versus évaluation de groupe pour évaluer les travaux collaboratifs ; évaluation diagnostique en début de cours ; évaluation formative ou normative sur des travaux ou des rendus intermédiaires (ne pas évaluer que la production finale, mais aussi le processus de construction intellectuelle et réflexif), utilisation d’échelle descriptive (plus que des échelles de point) pour permettre à l’étudiant de s’auto-évaluer dans les objectifs à atteindre.


En somme, tout en concevant cette alternance distance / présence dans ma scénarisation pédagogique, je devrai concevoir une stratégie d’évaluation prenant aussi en compte un système d’alternance et hybride, pour permettre de trianguler et de mieux évaluer les compétences visées : types d’évaluation,  modalités d’évaluation, temps d’évaluation.

lundi 13 mars 2017

Pédagogie active en ligne

En tant qu’enseignant sur un cours de gestion de projet, il m’a été assez facile de percevoir les apports des pédagogies actives en ligne dans la conception de cours, puisque cet enseignement du projet se fait à travers une pédagogie par projet.

Tout d’abord, l’orientation sur l’expérience de l’apprenant me parait essentielle. J’ai basé l’approche de ce cours sur la construction de projet individuel. Dans ce cours, en dehors d’accompagner les étudiants à découvrir des méthodes de gestion de projet et de faire la régulation de la conduite de projet, je ne peux pas faire le projet de l’étudiant à sa place, l’approche par son expérience est donc essentiel pour ses apprentissage. C’est donc l’étudiant qui est au centre, et c’est lui qui dirige le processus de travail, à moi de baliser son avancement par des ressources adéquates (que j’ai prévu à l’avance) et qui lui permet de construire son propre parcours adapté au projet qu’il souhaite monter (je précise que j’ai, avant tout lancement du projet, validé avec l’étudiant des objectifs et des rétro-planning macro de son projet, ce qui me permet tout de même de contrôler un minima la réussite du projet et de favoriser une expérience positive).

Puis ensuite, l’idée de ce programme de gestion de projet est née d’une volonté de l’institut de formation à enseigner la collaboration et la conduite de groupe. Les étudiants allant assez facilement vers les outils numériques (réseaux sociaux, wiki, google document…), j’ai proposé, à travers ce travail de projet, une expérience de l’utilisation des TIC : les étudiants doivent rédiger tout au long de la démarche projet un carnet de bord (l’outil a été laissé libre cette année), ce qui leur permet de partagé leur expérience individuel à l’ensemble du groupe projet. Ce carnet de bord est constitué de deux sous parties : une partie plus vécu de leur expérience (traçabilité des actions qu’ils font dans le projet), puis une partie réflexive qu’ils doivent construire en commun (faire un peu l’analyse critique de leur conduite de projet). Cette analyse critique se retrouvant dans un rapport de mission à rendre à la fin du programme. Sans imposer l’outil carnet de bord, je me suis rendu compte que la plupart des groupes d’étudiants avaient été ouvrir des wiki sur des plateformes gratuites. Je n’ai bien sûr pas eu accès à ces wiki, puisque je leur demandais juste cette année de construire un rapport de mission tenant compte des réflexions au cours de l’année (tracées sur le carnet de bord). Je me fais la réflexion que cet outil carnet de bord pourra très facilement être intégré dans l’évaluation continue du travail de projet dans les années futures (avec pourquoi pas des croisements entre groupes d’étudiants pour enrichir la réflexion du groupe, comme ce que nous faisons actuellement sur les blogs réflexifs).


Par cette double approche expérientielle et collective, je pense que les apprentissages de la gestion de projet seront beaucoup plus intéressants et constructifs pour les étudiants (si nous comparons à un enseignement des méthodes de gestion de projet dans un cours magistral décrivant les différentes outils et méthodes projet). Cette approche pédagogique active permettra aussi de favoriser l’engagement et la motivation des étudiants en travaillant sur un projet qui leur fait sens et qu’ils ont choisi.