En tant qu’enseignant sur un cours de gestion de projet, il
m’a été assez facile de percevoir les apports des pédagogies actives en ligne dans
la conception de cours, puisque cet enseignement du projet se fait à travers
une pédagogie par projet.
Tout d’abord, l’orientation sur l’expérience de l’apprenant me
parait essentielle. J’ai basé l’approche de ce cours sur la construction de
projet individuel. Dans ce cours, en dehors d’accompagner les étudiants à
découvrir des méthodes de gestion de projet et de faire la régulation de la
conduite de projet, je ne peux pas faire le projet de l’étudiant à sa place, l’approche
par son expérience est donc essentiel pour ses apprentissage. C’est donc l’étudiant
qui est au centre, et c’est lui qui dirige le processus de travail, à moi de
baliser son avancement par des ressources adéquates (que j’ai prévu à l’avance)
et qui lui permet de construire son propre parcours adapté au projet qu’il
souhaite monter (je précise que j’ai, avant tout lancement du projet, validé
avec l’étudiant des objectifs et des rétro-planning macro de son projet, ce qui
me permet tout de même de contrôler un minima la réussite du projet et de
favoriser une expérience positive).
Puis ensuite, l’idée de ce programme de gestion de projet
est née d’une volonté de l’institut de formation à enseigner la collaboration
et la conduite de groupe. Les étudiants allant assez facilement vers les outils
numériques (réseaux sociaux, wiki, google document…), j’ai proposé, à travers ce
travail de projet, une expérience de l’utilisation des TIC : les étudiants
doivent rédiger tout au long de la démarche projet un carnet de bord (l’outil a
été laissé libre cette année), ce qui leur permet de partagé leur expérience
individuel à l’ensemble du groupe projet. Ce carnet de bord est constitué de
deux sous parties : une partie plus vécu de leur expérience (traçabilité
des actions qu’ils font dans le projet), puis une partie réflexive qu’ils
doivent construire en commun (faire un peu l’analyse critique de leur conduite
de projet). Cette analyse critique se retrouvant dans un rapport de mission à
rendre à la fin du programme. Sans imposer l’outil carnet de bord, je me suis
rendu compte que la plupart des groupes d’étudiants avaient été ouvrir des wiki
sur des plateformes gratuites. Je n’ai bien sûr pas eu accès à ces wiki,
puisque je leur demandais juste cette année de construire un rapport de mission
tenant compte des réflexions au cours de l’année (tracées sur le carnet de
bord). Je me fais la réflexion que cet outil carnet de bord pourra très
facilement être intégré dans l’évaluation continue du travail de projet dans
les années futures (avec pourquoi pas des croisements entre groupes d’étudiants
pour enrichir la réflexion du groupe, comme ce que nous faisons actuellement
sur les blogs réflexifs).
Par cette double approche expérientielle et collective, je
pense que les apprentissages de la gestion de projet seront beaucoup plus
intéressants et constructifs pour les étudiants (si nous comparons à un
enseignement des méthodes de gestion de projet dans un cours magistral
décrivant les différentes outils et méthodes projet). Cette approche pédagogique
active permettra aussi de favoriser l’engagement et la motivation des étudiants
en travaillant sur un projet qui leur fait sens et qu’ils ont choisi.
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