Au vu des différentes approches de la formation à distance
et présentiel, je m’oriente vers une pratique de l’évaluation beaucoup plus
formel que ce que je faisais antérieurement. En France, la culture de l’évaluation
est centrée sur une évaluation sommative et normative (la note) en fin de cours
par un examen sur table ou final de pratique.
L’intégration des contraintes de la formation à distance ou
hybride (autant pour le professeur que pour l’étudiant) me permet d’entrevoir d’autres
stratégies d’évaluation : entre le formatif et le contrôle continue tout
au long de la session. Puis, l’intégration en même temps de la culture
québécoise, plus anglo-saxonne de côté-là, sur l’évaluation (pourcentage, évaluation
de plusieurs dimensions du cours, utilisation de lettre, évaluation par
plusieurs modalités) m’a permis d’envisager et de construire d’autres stratégies
évaluative : échelle descriptive par exemple, mais aussi mettre en
cohérence beaucoup plus les modalités d’évaluation aux objectifs pédagogiques.
Dans les futures évaluations que je construirais, je m’efforcerais
de scénariser mes évaluations (alternant entre le formatif et le normatif),
pour que l’évaluation puisse suivre mes objectifs pédagogiques (et ma
scénarisation des activités). Etant enseignant sur des pédagogies par projet
(cours de gestion de projet, méthodes de recherche, essais de fin de cursus),
je pourrais assez facilement intégrer des évaluations pondérées tout au long de
mes cours, correspondant à chaque activité demandée aux étudiants :
évaluation individuelle versus évaluation de groupe pour évaluer les travaux collaboratifs ;
évaluation diagnostique en début de cours ; évaluation formative ou
normative sur des travaux ou des rendus intermédiaires (ne pas évaluer que la
production finale, mais aussi le processus de construction intellectuelle et
réflexif), utilisation d’échelle descriptive (plus que des échelles de point)
pour permettre à l’étudiant de s’auto-évaluer dans les objectifs à atteindre.
En somme, tout en concevant cette alternance distance / présence
dans ma scénarisation pédagogique, je devrai concevoir une stratégie d’évaluation
prenant aussi en compte un système d’alternance et hybride, pour permettre
de trianguler et de mieux évaluer les compétences visées : types d’évaluation, modalités d’évaluation, temps d’évaluation.
Je trouve intéressante cette comparaison entre la France et le monde anglo-saxon. La lecture de ton blogue tout au long de la session m'aura ouvert sur une autre réalité, une sorte de voyage en France gratuit!
RépondreSupprimerTon approche pour « bien » évaluer la pédagogie par projet ne semble pas être pour toi source de questionnements. En tant que philosophe j'aurais toutes les difficultés à évaluer l'approche par projet, mais je prends note des quelques exemples que tu proposes. J'essayerai de reprendre ce principe d'évaluer le processus de « construction intellectuelle et réflexif » dans mon enseignement. Il s'agit encore une fois qu'un élément que je n'ai jamais constaté, mais qui m'apparait particulièrement intéressant dans un domaine théorique qui cherche la réflexion.
Bonjour Yann,
RépondreSupprimerIntéressant et enrichissant de lire ton cheminement. Comme le dit Antoine, tu nous as donné accès aux pratiques françaises et aux questions qu'elles te posent. Ces questions qui nous interpellent également.
Tu retiens, je pense, les principes de représentativité (comme en recherche), d'équité et de transparence. Une évaluation qui accompagne et pas seulement qui sanctionne. Tu parles d'évaluation formative et normative. Est-ce bien de normatif ou de critérié dont tu parles...il me semble que ton discours tend vers le critérié.
Louise